Les bâtiments à énergie positive (la RT 2020)

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BEPOS

Que connaissez-vous de la réglementation thermique en vigueur en France? À moins d’être amené actuellement à construire votre maison, sans doute cela ne vous évoque pas grand chose. Il faut savoir, qu’en règle générale, plus un habitat consomme d’énergie, plus il y a de pollution. En effet, surconsommation équivaut souvent à du gaspillage. Et le gaspillage ce n’est jamais bon pour l’environnement.

En France, la consommation d’énergie est réglementée, cette réglementation a un nom: la RT 2012. Elle est l’une des décisions phares du gouvernement en terme d’écologie. Elle devrait aussi amener la France vers des habitats qui ne consomment plus d’énergie mais en produisent. Pour aller tout doucement les villes vers l’idéal que représente la « ville intelligente » où l’énergie sera mutualisée et plus aucun gaspillage ne sera possible puisque les bâtiments s’alimenteraient les uns avec les autres. D’ailleurs, nous vous parlions de villes intelligentes à travers notre article sur les innovations au service de l’environnement.

Avant d’aller plus loin, posons les bases de la RT 2012…

Qu’est ce que la RT 2012

écologie

Derrière cet acronyme barbare se cache l’un des points marquants du Grenelle de l’environnement de l’automne 2007. Comme chacun le sait, le secteur du bâtiment est le plus gros consommateur d’énergie en France (44% de la consommation d’énergie finale de la France) et génère 23 % des émissions de gaz à effet de serre. En plus de cela, la facture annuelle moyenne de chauffage par ménage est en moyenne de 900 euros par an, même si il y a de grandes différences entre une habitation dite de basse consommation (250 euros par an) et les maisons mal isolées (plus de 1800 euros par an). Le prix de l’énergie est en augmentation d’année en année, ce qui fera croître ces dépenses énergétiques, impactant lourdement le pouvoir d’achat des plus démunis.

Issu du Grenelle de l’environnement

Par soucis écologique, mais aussi économique, les pays industrialisés et donc la France doivent  réduire durablement leurs dépenses énergétiques. Quand on sait ce que la consommation d’energie génère en gaz à effet de serre, c’est devenu une nécessité.

Le point de départ de cette volonté de réduction de la consommation d’énergie est la ratification du protocole de Kyoto en 1997 par 55 pays. Ces nations se sont engagées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre mais ce fut aussi une prise de conscience des grandes nations industrialisées (sauf la Chine). Le grenelle de l’environnement de 2007 n’est que la continuation de cette politique écologique mondiale. C’est de ce grenelle qu’est née la nouvelle norme RT 2012.

La réglementation thermique « Grenelle de l’environnement 2012 » (soit RT 2012), est une nouvelle réglementation destinée aux bâtiments tertiaires et résidentielles « neufs ». Son but est d’améliorer la consommation d’énergie en mettant une limite maximale.

RT 2012 les éléments clés

La RT 2012 plafonne la consommation énergétique des bâtiments neufs à 50kWhEP/m²/an. Néanmoins cette consommation maximale peut évoluer selon différents critères tels que la localisation géographique (le climat a bien sûr son importance), le type de construction etc…

Les trois principaux objectifs de la RT 2012

Les grands principes de cette réforme sont les suivants:

  • La consommation d’énergie primaire doit être réduite à 50kWh/m²/an et une réduction des émissions de CO2 doit intervenir.
  • Une nouvelle façon de concevoir et construire des bâtiments pour chacune des filières energetiques.
  • Un ensemble énergétique équilibré, limité en gaz à effet de serre.

Avec ces conditions, la France est le seul pays européen à s’imposer un tel niveau d’exigence.

En effet, la RT 2012 impose une exigence de résultats définit par 3 critères. Le Bbios, le Cep et Tic:

  • le Bbio mesure la qualité de conception du bâtiment à travers son isolement (étanchéité de l’air), sa conception bioclimatique afin d’éviter le recours à la climatisation ou de l’impact de la mitoyenneté.
  • Le Cep représente un seuil de consommation d’énergie à ne pas dépasser. Ici en l’occurrence, il ne faudra pas dépasser 50 kWh/m²/an même si le climat géographique et d’autres variables sont à prendre en compte.
  • Le Tic fixe une exigence de confort d’été. Il s’agit d’une exigence sur la température intérieure atteinte au cours de 5 jours chauds. Le Tic vise surtout à limiter le recours à la climatisation.

 

La RT 2012 vise aussi à encourager certaines pratiques toujours à des fins écologiques. Les nouveaux bâtiments devront être équipés de système de production d’énergie renouvelable. Il devra y avoir aussi une surface minimum vitrée.

 

Le futur du bâtiment: la RT 2020

La réglementation thermique en vigueur (RT 2012) impose une consommation énergétique maximale de 50 kWh/m²/an à quelques variables près. Cette norme pour tous les bâtiments neufs préfigure ce que sera le futur du bâtiment en terme énergétique. Le but de cette transition énergétique est d’arriver à l’horizon 2020 avec des bâtiments neufs produisant de l’énergie.

écologie energie

Exemple de BEPOS

Les bâtiments à énergie positive

Un bâtiment à énergie positive ou BEPOS est comme vous l’avez compris un bâtiment qui produit plus d’énergie qu’il n’en consomme, en d’autres termes, c’est une nouvelle source d’énergie. En sachant que la consommation énergétique mondiale va surement augmenter dans les prochaines années, ces nouveaux bâtiments seront capables en plus d’être autosuffisants de donner leurs  excédents énergétiques. Quand on sait que les ressources fossiles vont petit à petit se raréfier, cela arrive à point nommé.

Les principes des BEPOS

Elle repose surtout sur les bases d’un bâtiment passif. C’est à dire un bâtiment dont la consommation d’énergie au m² est à son minimum, elle peut même être compensée par des apports solaires par exemple. Mais les BEPOS vont plus loin que l’autosuffisance puisqu’elles produisent aussi de l’énergie.

  • Une isolation thermique des plus modernes, étanchéité à l’air
  • Plus de pont thermique.
  • Captation de l’énergie solaire de façon passive
  • Limitation des déperditions thermiques par renouvellement d’air via une ventilation double flux avec récupération de chaleur sur air vicié.
  • Protection solaire et rafraîchissement passif
  • Appareil ménager à basse consommation
  • équipement en moyens de captage ou production d’énergie (comme capteur photovoltaïque etc)
  • récupération des eaux de pluies
  • épuration naturelle par lagunage

 

De par tous ces principes, l’habitat est d’une part autosuffisant mais grâce aux éléments de captage, il est capable de produire un excèdent énergétique.

Le futur pour 2020

Ces bâtiments à énergie positive seront la pierre angulaire de la future réglementation énergétique (la future RT 2020). Imaginez que dans 10 ans des habitats autosuffisants seront construits partout, et par extension de grands réseaux communicants entre les quartiers à travers le tissu urbain. Si bien que le surplus énergétique crée par un bâtiment peut aller alimenter un autre qui en aura besoin et ainsi de suite. Une gestion de l’énergie autarcique sans apport extérieur, tel est le futur du bâtiment. On entre complètement dans le cadre de la « ville intelligente » ou « smart city ».

Les innovations dans le secteur des énergies renouvelables sont en plein boum. Ce qui n’était qu’utopie il y a quelques années ne l’est plus, le monde a compris qu’en régulant la consommation d’énergie on léguerait une Terre plus propre à nos enfants. C’est un des enjeux majeurs de cette décennie et la France est en passe de réussir son pari.

Malheureusement, pour que ce soit véritablement efficace à l’échelle planétaire, il faudrait que tous les pays industrialisés y adhérent, comme la Chine pour ne citer qu’elle.